Samedi 19 avril 2008

Rappelons nous le l’épisode 1 « L’économie des vaches ». Cet épisode 10 nous rappelle nous rappelle un autre genre « d’économie des vaches »… Les vaches à lait que nous sommes…

 

1 Minute de réflexion : 


« Ce qui suit m'a laissé perplexe, moi qui ne suis ni matheux, ni économiste.....

 

Pour toutes les Vaches à lait de France mais aussi de toute l’Europe.


Un peu d'histoire

 

- En l'an de grâce 2000 après JC (quand même) nous avions 1 Dollar à 1,2 Euros et 1 baril de Pétrole à 60 Dollars.

 

Soit le baril à 72 Euros et on payait 1,00 Euro / litre environ

 

De nos jours en 2008 après JC (toujours encore)


Nous avons 1 Dollar à 0,65 centimes d'Euro et 1 baril de pétrole qui a explosé à près de 110 Dollars.

 

Soit le baril à 71.5 Euros (Oups !) et on leur donne 1,25 Euros / litre


Et la, très chères Vaches à lait

 

On se pose la question suivante :

 

Si le baril est moins cher pour nous en Europe qu'en 2000, pourquoi l'essence est-elle 25% plus chère qu'en 2000 ?


Il y en a qui doivent se remplir les poches !!!!!


Alors très chères Vaches à lait continuez de travailler sagement car le jour viendra ou le dollar remontera et là je ne vous dis même pas !


Faites suivre au maximum de personnes, il faut que tout le monde le remarque.


On est des "Vaches à lait" mais pas des imbéciles !!!!!! »

par Gabrielle AUDEFROY
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Mardi 15 avril 2008
Souvenez-vous de cette mère à Beaugency qui a laissé son enfant mourrir de faim. Voici un extrait de l'article de Mourad GUICHARD :


"Au commissariat où elle est allée alerter du «kidnapping», Sophie R. n'arrivera pas à mentir longtemps. Le parc où l'enfant est supposé avoir été enlevé est fermé ce jour-là. Dans un communiqué publié quelques jours plus tard, le procureur évoque l'action des services sociaux pendant les vingt derniers mois et précise : «L'équipe rencontrait régulièrement la famille jusqu'au mois de novembre 2005. Il convient de souligner qu'aucun élément de danger physique ou imminent n'a jamais été évoqué, y compris dans les dernières semaines, et que le placement n'a jamais été proposé par les intervenants sociaux.» "

Les services sociaux n'ont donc rien à se reprocher et plus encore, surtout leurs chefs d'établissement, nos si chers élus !...

Elle risquait 30 ans, elle en a pris 12... Les services sociaux n'ont vraiment rien du tout à se reprocher... et encore moins nos si chers élus... Désolée, mes anciens collègues, mais cessez de tolérer l'intolérable.

par Gabrielle AUDEFROY
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Jeudi 10 avril 2008

MERCI MOURAD (LIBEORLEANS) POUR TON INFO. DONC CI-DESSOUS, UNE FAUSSE INFO QUI CIRCULE ET RAPPELONS NOUS MON "QUID DES CANDIDATS", DONC VOICI UNE... INTOX :

« IMPORTANT


Ceci s'est passé à Paris. Il y a quelques semaines de cela, dans un cinéma, une personne s'est assise sur quelque chose de piquant sur un des sièges. Lorsqu'elle s'est relevée pour voir de quoi il s'agissait, elle a trouvé une aiguille plantée à travers le siège avec une note attachée disant : 'Vous venez d'être infecté par le VIH'.
Le Centre de Contrôle des Maladies rapporte plusieurs événements similaires dans plusieurs autres villes récemment. Toutes les aiguilles testées sont positives VIH. Le Centre rapporte qu'on a trouvé des aiguilles aussi dans les retours de monnaie de distributeurs publics. Ils demandent à tout le monde d'user d'une Extrême prudence quand vous serez confronté à ce genre de situation. Toutes les chaises publiques devraient être inspectées avec vigilance et prudence avant usage. Une inspection visuelle minutieuse devrait suffire. De plus, ils demandent à chacun de communiquer cet avis à tous les membres de votre famille et vos amis du danger potentiel.

Merci.

L'information mentionnée ci haut a été envoyée par la police municipale de la Ville d'Issy Les Moulineaux à tous les départements d'Ile de France qui ont diffusé la nouvelle dans toutes les villes.

 

On m'a demandé de passer ceci au plus grand nombre de personnes possibles.


Ceci est très important !!! Pense que tu peux sauver une vie juste en redistribuant ceci.

 

S.T.P. prends quelques secondes de ton temps pour faire passer le message »

par Gabrielle AUDEFROY
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Dimanche 6 avril 2008

On me demande ce que j’attends des politiques en matière pénale, ce qui me déçoit en eux sur ce sujet et ce qui ferait que je voterai pour un programme sur cette matière. Vaste sujet.

 

N’étant pas un lapin de six semaines et ne souffrant pas d’Alzheimer, je n’attends rien, n’ai plus la moindre illusion sur l’honnêteté des politiques.
Même les débutants qui y croient sûrement, (je veux bien leur laisser le bénéfice du doute mais n’en suis même pas convaincu au fond, confrontés aux responsabilités, se laissent aller aux chants de sirènes, prennent goût aux (abus de) pouvoirs, doivent ou devront rendre des services et en demander.

Les gens (on ne peut dire le Peuple sans faire sourire) demandent qu’on mette en prison les voleurs de voitures, si on pouvait même les pendre sans jugement ce serait cool, parce qu’ils ont une voiture. Ils voudraient que les politiques soient honnêtes mais reconnaissent qu’à leur place, ils se sucreraient aussi. Cela permet à ceux qui sont en place de tout se permettre. D’autant qu’ils font les lois, en connaissent chausse-trappes et méandres (ils laissent même toujours dans les textes de quoi les contourner).

On parle de réduire la durée de prescription des affaires financières, pourquoi ? Mais pour être tranquille bien-sûr, alors que dans le même temps on durcit les lois sur les mineurs, la délinquance dite de voie publique (trafic de stupéfiants, vols de voiture, à main armée, à la tire, à l’étalage….). Si personne n’a réagit à mes détournements dans les trois ans, Circulez, il n’y aura plus rien à voir.  Comme si la délinquance financière n’était plus violente, en matière de démocratie, que le vol d’un téléphone portable, souvent assuré d’ailleurs. Les dégâts dans l’opinion que font nos escrocs au pouvoir se voient dans l’abstentionnisme. Cela fait belle lurette qu’ils ont perdu le respect des masses. A qui la faute ?

On peut être mis en examen des années, avant d’éventuellement être jugé, de pouvoir faire appel puis d’aller en Cour de cassation, quand on a les moyens de payer de bons avocats sans renoncer au plus petit de ses mandats, continuer à en toucher les émoluments… Des années après s’être fait prendre la main dans le gâteau, tout le monde aura oublié, s’en foutra au pire. Pour un peu que vous ayez grimpé dans la hiérarchie des mandats, vous devenez intouchables.

Combien d’élus ont été jetés par leur parti quand ils ont été mis en examen ? Combien ont démissionné ? De mémoire, à part Juppé, Emmanuelli, Noir, Balkany et Carignon qui ont été condamnés, combien le sont et le seront ? En plus, ceux-ci n’ont pas perdu leurs mandats (sauf Juppé mais avec quelles compensations ?). Ou ils sont encore réélus, les français étant vraiment des veaux, comme l’avait dit de Gaulle avec raison. Alors pourquoi se gêner ?

Les élus savent jouer de la présomption d’innocence, parler de leur Honneur (je pouffe) et chacun pense que les mésaventures du parti adverse lui arriveront aussi sûr que deux escrocs font deux escrocs. Les loups ne se mangent pas entre eux. Ils se disputent devant la télé puis prennent l’apéritif ensemble au bar des Assemblées. Même si personne n’est dupe, cela ressemble quand même fortement à du théâtre.

Spécificité bien française que de garder ses mandats alors qu’un juge vous met en examen. Comme si les juges mettaient en examen des gens contre qui n’existent pas d’éléments graves !!! Mais je défendrais mon honneur, devant le suffrage s’il le faut. Mes électeurs jugeront !

Dans le même temps, l’électoralisme fait que le voleur de voiture est jugé en comparution immédiate et y va de ses trois mois.

Pauvre Lefloch Prigent qui a connu les affres de la prison et, se rendant compte du système carcéral a estimé nécessaire d’avertir le peuple ignorant par un livre, des interviews… J’ai failli verser des larmes  à l’époque, de rire bien-sûr.

 

Si on parle de délinquance financière, (pas le voleur de chéquiers ou le juge qui prend la carte bleue de sa collègue allemande pour aller aux putes - un an et demi pour qu’il soit viré celui-là…) il faut savoir que si les Policiers spécialisés en cette matière sont bien formés et excellents même si soumis à des « pressions politiques » tiens donc, les Juges sont peu nombreux. Il leur faut des mois pour reprendre un seul dossier (des milliers de pages) derrière le juge précédent qui vient d’être promu ailleurs et/ou n’a pu refuser la promo, au bon moment bien-sûr. Aucun magistrat, en ces matières, ne finit le dossier qu’il a commencé, tant ils sont lourds, que le Politique met des bâtons dans les roues, que les avocats savent faire traîner par beaucoup de manœuvres dilatoires…Souvent, plusieurs juges travaillent sur un seul dossier, pas en même temps mais l’un derrière l’autre. Les juges médiatisés (Joly, Vichniesky et autres) ne sont plus au Pôle Financier depuis longtemps. Les dossiers sur lesquels ils ont tant travaillé et communiqué y sont encore !

 

En fin, et j’arrête là, nos Elus, quand ils ne sont pas médecins sont AVOCATS (le Président et combien de ses ministres - COPPE arrive même à être ministre tout en étant avocat actif,  elle est pas belle la vie ?-, et combien de sénateurs, de députés sont avocats de formation ? Les loups ne se mangent pas entre eux, je le répète. Coluche le Lucide avait dit que s’ils mettent plus d’argent dans les prisons que les écoles c’est qu’ils n’ont plus de chance de retourner à l’école, tandis qu’en prison hein ? Il était encore optimiste. Ils savent que de toutes façons ils n’iront pas en prison, quand bien même élus et devant être irréprochables, ils violent les lois qu’ils votent et pour des montants un peu supérieurs au prix d’un portable ou d’une voiture, tout en s’offusquant du comportement insupportable de l’incendiaire de voiture.

Messieurs dames nos élus, vous êtes responsables, par votre comportement, votre corporatisme, votre mauvais foi, si des jeunes brûlent des voitures en disant aux policiers, « Ben quoi, pour un ministre c’est des millions et pas de prison ». Si leur geste est inexcusable, que doit-on répondre à ça. Rien, on les présente devant les juges. Ils sont normalement punis mais jamais les élus. Vous souhaitez regagner le respect populaire. C’est pas gagné tant vous avez fait de mal durant des décennies à la démocratie par vos amnisties et vos lois destinées à vous absoudre à l’avance de toute sanction. A-t-on vu un élu faire de la prison ferme pour des millions détournés ? Rien que du sursis quand au bout de 15 ans l’affaire arrive à son terme et souvent des peines ne rendant pas inéligibles surtout.

Alors, continuons d’inscrire des électeurs bidons, de détourner les financements, de s’offrir des frais de bouches, du personnel au frais des collectivités….de toucher des salaires de sociétés publiques ou privés (sans arrière-pensées celles là) sans y avoir bureau ou téléphone, de faire embaucher conjoints et  enfants dans les mêmes entreprises, ou les collectivités locales….pourquoi se gêner ?

Ne souffrant ni d’Alzheimer et n’étant pas un lapin de six semaines, je n’ai que méfiance pour les gens qui réclament mon suffrage, surtout ceux qui disent vouloir faire du ménage. J’ai du mépris pour nombre de ceux en place quand je me rappelle leurs engagements et vois ce qu’ils font une fois installés.

 

J’aimerai être surpris une fois, rien qu’une, mais ne soufrant ni …

par Gabrielle AUDEFROY
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Jeudi 3 avril 2008

Le Conseil fédéral de la FGF-FO, réuni les 26 et 27 mars 2008, a mis au cœur de ses débats la révision générale des politiques publiques. Vous trouverez ci-joint le compte-rendu de sa réunion. Même si vous ne partagez pas les mêmes positions syndicales, lisez ce compte-rendu selon lequel la RGPP pourrait avoir pour conséquence la disparition du statut actuel de la fonction publique.


« Paris, le 2 avril 2008 – Fédération générale des Fonctionnaires de Force Ouvrière

Réalité ou fiction ??? 

Préalable :

Les agents publics sont confrontés à la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP).

 

Les services publics, que la République a construits pour assurer l’égalité des citoyens, sont en danger !

 

Dans toutes les structures syndicales FO, l’inquiétude gagne du terrain compte-tenu de la réalité des propositions gouvernementales.


En conséquence, FO vous livre une vision – réalité ou fiction – de ce que seront les services publics en 2012. A vous d’informer largement, autant les citoyens que les agents publics, avant l’inéluctable !

 

Réalité ou fiction ??? : voilà à quoi aboutiront les décisions prises dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP)

 

 « NOUS SOMMES LE 1er JANVIER 2012

 Le service public républicain n’est plus !! »

 

« Lors de ses vœux télévisés du 31 décembre 2011, le Président de la République est longuement revenu sur le bilan de sa restructuration du service public et des politiques publiques. Il s'est félicité de cette politique, rejetant les critiques sur les conséquences en terme de qualité du service public et du service rendu aux citoyens en particulier les plus modestes.

 

La révision générale des politiques publiques (RGPP), lancée en juillet 2007 sous couvert de modernisation des services publics, n'avait en fait pour objectif que la réduction par tous les moyens possibles des dépenses publiques de l’Etat d’ici 2012 au plus tard. Les décisions qui en ont résulté, annoncées par le  Président de la République lors du conseil de modernisation des politiques publiques du 4 avril 2008 se sont révélées dévastatrices pour le service public et pour les citoyens.

 

Jamais concertées, jamais débattues, ni au Parlement, ni avec les élus locaux, ni avec les organisations syndicales, ces décisions ont été élaborées en catimini par quelques hauts fonctionnaires et des conseillers privés (dont certains étaient directement intéressés par la privatisation de missions de l’Etat du fait de l’activité, passée et à venir, de leurs sociétés). Renforcées par le Rapport Silicani « service public 2012 » d'avril 2008, elles ont été mises en place à marche forcée.

 

Elles ont entraîné des réductions massives de moyens, de missions et de services, sans s’intéresser aux conséquences pour les citoyens, afin de permettre de justifier la suppression de plusieurs centaines de milliers d’emplois publics lors du budget triannuel de l’Etat pour 2009/2011.

 

Du « service public »… aux services aux usagers :

 

Cela s’est notamment traduit par la création en 2008 et en 2009 de nombreuses nouvelles « agences » pour remplacer les administrations et les services de l’Etat. Il s'agit de véritables « centres de profit » dont la ressource budgétaire publique est limitée mais qui se créent leurs propres sources de revenus par la tarification de « leurs services » à l'usager : « Agence France emploi » / « Agence pour le prélèvement de l’Impôt » (proposition du rapport Attali de 2008, mis en œuvre en 2010) /  « Agence Route de France » / « Agence commerciale du permis de conduire » / « Agences Régionales de Santé » / « Agence Biodiversité » / « Agence Vétérinaire » / « Agence Voies Navigables » / transformation des écoles primaires en Etablissements Publics d’Enseignement Primaire / suppression des musées nationaux au profit d'une filiale privée « La Réunion des musées » / etc…

 

Désormais, une centaine d’établissements aux statuts hétéroclites et disparates sont chargés, sur des domaines dédiés, de faire fonctionner non plus le service public, mais différents services au public - client.

 

La puissance publique ne peut plus fonctionner : en quatre ans plus personne ne s’y retrouve avec toutes ces entités administratives indépendantes différentes, au fonctionnement autonome et souvent opaque faute d’une tutelle et d’un contrôle dont l’Etat n’a plus les moyens ni les compétences. Il est impossible de rendre compte budgétairement du coût final du nouveau « service public » français. Au niveau territorial, l’action publique n’est plus pilotée et il n’y a plus aucune cohérence d’ensemble. La multiplication des agences, se comportant comme autant d’Etats dans l’Etat, chacun recréant sa propre administration, a entraîné de véritables conflits de gestionnaires.

 

Non seulement le paysage administratif est incompréhensible et illisible pour le citoyen (ou plutôt l’usager, devenu client, qui doit désormais disposer des moyens financiers et technologiques pour accéder à un ou à des services publics) mais les dotations publiques consenties à ces nouveaux établissements publics sont telles que leur montant total revient à des coûts bien supérieurs à ceux attribués aux ministères et administrations républicaines de 2008.

 

De l’égalité républicaine pour chaque citoyen à … l’inégalité généralisée selon les ressources du client :

 

Les réductions des dotations publiques ont entraîné le besoin pour ces nouveaux établissements de développer des ressources propres pour fonctionner (et pour mettre en œuvre des décisions « étonnantes », bien éloignées des objectifs ayant prévalu à la création, en toute hâte, de ces agences). Cela se traduit par une augmentation du coût global pour le client.

 

La mise en place de péages sur toutes les routes gérées par « Routes de France » et sur plusieurs routes départementales en 2010 et en 2011, l’examen du permis de conduire devenu payant (mais tous ceux qui peuvent se le payer le réussissent, tant pis pour la sécurité routière), les coûts des droits d’inscription pour toutes les études dès le secondaire comme ceux désormais nécessaires pour passer un concours ou pour obtenir un diplôme, la généralisation de numéros payants pour l'accès téléphonique aux services, sont autant de nouvelles charges pour l’usager.

 

Les administrations de l’Etat étaient chargées d'assurer l'égalité de tous devant la loi. La logique nouvelle de rentabilité du service public et le transfert des compétences et des responsabilités de l'Etat à des agences incontrôlées ont fait éclater cette égalité constitutionnelle. Sur des pans entiers de la société, il n'y a plus de grandes politiques publiques en 2012, il ne reste que des choix intéressés conduits par l’intérêt particulier de structures indépendantes dont la survie dépend de leur profit annuel.

 

Les agences et les administrations emploient dorénavant des agents sous contrat précaire de droit privé qui ne sont pas en position de résister aux pressions administratives, économiques et politiques, rompant de fait l'égalité de droit des citoyens et des entreprises face au service public.

 

La création des agences et la série de mesures ayant conduit à privatiser notamment le service postal, la délivrance des cartes grises (aux concessionnaires), l'archéologie préventive, etc, ont entraîné la fin des prestations publiques égalitaires aux citoyens, aux professionnels, aux collectivités. Dans cette nouvelle « sphère marchande publique », il n’y a plus, par nature même, d’égalité de traitement.

 

Pour une entreprise, une collectivité, ou un citoyen, il faut désormais avoir les moyens financiers d’emprunter telle ou telle route, avoir les moyens financiers d’obtenir tels ou tels papiers administratifs, avoir les moyens de mettre en concurrence les différents « services aux publics » pour essayer de réduire ses dépenses. Les meilleurs services sont réservés au plus offrant.

 

La privatisation du contrôle des transporteurs (autocars, poids lourds) a multiplié par trois le tarif des contrôles. Les entreprises de transports suffisamment importantes peuvent bénéficier de conditions et de coûts de contrôles compétitifs en mettant en concurrence leurs contrôleurs sur appels d'offres européens, les autres, plus petits, subissent les monopoles locaux.

 

Plusieurs banques font de la publicité pour des prêts à taux réduits à l'attention des familles, seuls à même de leur permettre « d'accéder à des services de la vie courante » : cantine scolaire, études, crèches, aide à la personne,...

 

De plus en plus d'individus et de familles sont exclus de l'accès au service public !!!

Eloignement des services publics et des administrations…  du citoyen :

 

Sous le prétexte d'une « simplification » porteuse « d'une amélioration du service public », cette réforme a supprimé les services de proximité :

- en 2012, il n’existe plus aucun service départemental de l'Etat ;

- des réformes comme celles des structures hospitalières, de la carte judiciaire, des fusions ANPE-ASSEDIC ou Impôts-Trésor ont éloigné d'autant plus les services publics des citoyens ; Il faut, pour ceux qui le peuvent, se débrouiller seul avec internet ou bien se rendre à la préfecture de Région pour rencontrer un représentant de l’Etat, par ailleurs bien impuissant à intervenir dans le pilotage d’agences autonomes ;

- les services locaux de Météo France ont été supprimés malgré les enjeux de sécurité civile ; idem pour ceux de l'Office National des Forêts (privatisé en 2012) ;

La RGPP
et le rapport « service public 2012 » ont conduit à mettre en œuvre dès 2009 un 3ème acte de décentralisation en transférant aux collectivités territoriales plusieurs missions « à débarrasser du budget de l’Etat » (politique de l’eau, prévention des risques, urbanisme, gestion des monuments historiques, délivrance des cartes d’identité et passeports, AFPA transférée aux régions, etc). Mais la suppression de fait des communes (dépendantes des structures intercommunales) et des départements, renforcent encore cet éloignement des acteurs et des structures publiques.

 

Ne pouvant plus compter sur les services de l’Etat ni sur leurs conseils en toute neutralité ou leurs partenariats, les collectivités territoriales n’ont d’autre possibilité que de se tourner vers des sociétés privées, constituées dans la précipitation, en sachant très bien que les abus de position dominante en savoir-faire techniques déjà rencontrés et dénoncés sur l’alimentation en eau potable, l’assainissement, l’éclairage public, l’énergie et la collecte et le traitement des déchets par exemple, se généraliseront à tous leurs nouveaux domaines de compétences.

 

La fiscalité locale a poursuivi son ascension, augmentant ainsi les inégalités entre les collectivités et sur le territoire et grevant encore un peu plus le pouvoir d’achat des citoyens.

 

Les populations les plus aisées, refusant de payer « les services des autres », se regroupent dans des collectivités qui, ayant peu de dépenses sociales, peuvent pratiquer des prélèvements fiscaux faibles : la ségrégation territoriale s'accentue au détriment de la solidarité que l'Etat n'a ni les moyens ni la volonté d'assurer.

 

Faute de missions territoriales (les sous-préfectures et les services départementaux de l'Etat ont été supprimés en 2011), les actes de contrôles de l'Etat (marchés publics, installations classées, actes de construction,...) ont été « allégés », c'est à dire qu'ils ne sont plus réalisés, ou bien sont confiés à des opérateurs privés. Le contrôle des lois de la République est donc réalisé par des entités, du secteur privé, différentes d'un territoire à l'autre. Les contentieux se multiplient, au grand bénéfice d'agences privées, plus enclines aux arguties procédurales qu'à la défense de l'intérêt public.

 

Les architectes à qui les permis de construire ont été transférés en 2008 refusent désormais de les délivrer face à la multiplication des contentieux et laissent le juge décider. Le contrôle des installations  industrielles n'est plus obligatoire. Cela renforce encore la judiciarisation de la société dans laquelle seuls ceux qui peuvent se payer les « ténors du barreau » peuvent encore agir.

 

Des missions publiques abandonnées :

 

En moins de 4 ans, la recherche publique a été réduite de moitié, l’offre technique publique de référence et l’ingénierie d’innovation ont disparu en France… en attendant une « bonne catastrophe ». Les entreprises françaises déclinent, faute d'avoir pu faire défendre leur savoir-faire dans les instances internationales de normalisation,  et la compétence technique nationale s’appauvrit dans de nombreux secteurs.

 

Alors que l’aménagement du territoire et le développement durable nécessitaient un Etat fort et ambitieux, un Etat partenaire, opérateur, prestataire et stratège, la RGPP a réduit chaque ministère encore existant à un porteur de quelques « bonnes intentions », sans aucune capacité d’intervention. D'ailleurs, depuis 2009, l'aménagement du territoire n'est plus une politique de l'Etat : une Agence à la Compétitivité des Territoires a été instaurée pour « intensifier la concurrence entre les Régions ». Les parties du territoire en difficultés se désertifient et sont livrées à elles-mêmes. L'égalité républicaine n'a plus cours sur le territoire national.

 

Le fameux « Grenelle de l’Environnement » d’octobre 2007 n’a jamais été suivi d’effets (le gouvernement a amusé la galerie jusqu’en 2009 avec un « projet de loi » jamais promulguée). L'Etat n'a plus la capacité d'avoir une vision transversale et polyvalente sur le territoire. Au final, un constat pas très développement durable : deux années d’énergie dépensée pour ne brasser que du vent…

Les espaces naturels protégés sont gérés par les agences comme un patrimoine à faire fructifier : les revenus du tourisme spécialisé doivent couvrir les frais de gestion. Les investisseurs achètent des « droits à détruire ou à polluer » en finançant en compensation la protection et l'aménagement des sites à fort potentiel (touristique et économique).  La biodiversité, qui n'a pas toujours la chance d'attirer le touriste, accélère sa régression...

 

Des centaines de sections d’enseignement (BEP notamment) ont été fermées depuis 2008. Dans celles qui subsistent, les programmes et les horaires ont été allégés afin de permettre de réduire le nombre des enseignants. La qualité de l'enseignement public s'est considérablement dégradée, au grand bénéfice des établissements privés et des cours particuliers. L'enseignement à deux vitesses est devenu une dramatique réalité, contre laquelle le gouvernement ne fait même plus semblant de lutter.

 

Des bases de défense nationale et de nombreuses implantations militaires ont été supprimées, générant notamment une faillite de nombre de PME et une aggravation du chômage dans les secteurs concernés.

 

En France en 2012, il n'y a plus de politique nationale organisant l'offre culturelle, soutenant la création ou préservant le patrimoine.

 

Les cliniques privées, choisissant leurs patients et les pathologies les plus lucratives à soigner, s'enrichissent au détriment de l'hôpital public qui, sous-doté en crédits et en personnel, assume seul les urgences, les interventions les plus lourdes, et la charge de l'enseignement de la médecine. L'hôpital public est devenu de fait « l'hôpital des pauvres » n'ayant pas les moyens de payer la mutuelle ou l'assurance complémentaire qui leur permettrait de couvrir les franchises et les dépassements d'honoraires, et de recevoir sans attendre des mois les soins de qualité dont ils ont besoin. La fermeture des hôpitaux de proximité s'est accélérée, éloignant le service public de santé des usagers qui doivent faire des trajets de plus en plus longs et coûteux pour accéder aux soins. Après des années de progression, l'espérance de vie stagne, et les démographes s'attendent maintenant à sa décroissance prochaine.

 

Ainsi, en 4 années, la mise en œuvre des décisions de la RGPP a détruit les fondements républicains sur lesquels était basée l’organisation de l’Etat et celle de la Fonction Publique. Moins de services publics mais plus d’inégalité sur le territoire national entre les usagers, entre les citoyens, entre les collectivités. Moins de présence territoriale et technique de l’Etat mais une puissance publique incontrôlée et incompréhensible avec un accroissement des difficultés à accéder aux soins, à l’éducation, à la justice et une augmentation de la fiscalité locale et des coûts supplémentaires pour chaque citoyen pour chaque activité courante nécessitant une mission de service public.

 

Que reste –t-il de la liberté lorsqu’il n’y a plus d’égalité et que l’on n’ose même plus parler de fraternité ?

 

C’est indéniable, en 2012 nous ne vivons plus dans la même République qu’en 2008. »

 

^^^^^^^^

Non, nous ne sommes pas le 1er janvier 2012 !

MAIS

nous pourrions y être plus vite que prévu, et dans de telles conditions, si nous ne nous opposons pas avec force contre cet avenir détestable que la révision générale des politiques publiques et ses auteurs veulent imposer au service public républicain.


Il est encore temps de changer le cours des évènements.

Pour que, en 2012, « service public » rime encore avec République !

Sur ces questions essentielles pour l’avenir du pays, pour l’avenir de tous,
véritables choix de société, nous refusons que le débat républicain soit escamoté.

Parce que tous les personnels du service public ressentent qu’un tel scénario catastrophe se construit actuellement,

Force Ouvrière appelle à la mobilisation de tous pour défendre le fondement égalitaire de notre République, le maintien des missions publiques et le renforcement du service public qu'il suppose.


Fin provisoire…

par Gabrielle AUDEFROY
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Mardi 1 avril 2008

Je me teins en blonde...

Et... 

Je prends ma carte au PS pour faire plaisir au Renard et à l'Ecureuil !
________

POISSON D'AVRIL !

par Gabrielle AUDEFROY
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Dimanche 30 mars 2008
Portail de Magdunois en goguette :


Ne riez pas, le monsieur est très sérieux...
par Gabrielle AUDEFROY
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 30 mars 2008

On a connu la fermeture des tribunaux et les magistrats qui font cruellement défaut.

On a connu la réduction des officiers de Police avec 6 millions d’heures supplémentaires à la trappe ?!... Travailler plus pour gagner moins…

On continue à s’inquiéter sur les conditions de l’exercice de leur métier des gardiens de prison et s’inquiéter aussi sur le manque de construction de prisons avec les dangers engendrés pour les prisonniers en sureffectif.

On s’inquiétera pour la Gendarmerie et les Gardiens de la Paix.

On s’inquiétera énormément d’une politique sociale qui paie et qui n’accompagne pas ou pire, ne dépiste pas.

On s’inquiétera toujours sur une Education Nationale démunie face aux problèmes cruciaux de la famille auxquels elle est confrontée.

Et bien, coup de projecteur sur les Chambres Régionales des Comptes et… maintenant, on passe aux Cols Blancs et… 11 ARTICLES ET PAS MOINS CAR IL FAUT COMPRENDRE DANS LE DETAIL...

Le discours de Philippe SEGUIN dont il est question c’est celui de ses vœux au personnel le 18 janvier 2008 où il expose les grandes lignes du projet de réforme. En revanche les sites proprement dit du syndicat des magistrats des CRC est source de beaucoup plus d’information sur le contexte pour le moins tendu voir dramatique qui règne au sein des CRC et révélateur du malaise ambiant (dernière réunion officiel du syndicat le 28 mars 2008, résumé complet sur le site ainsi qu’un ensemble de références aux articles de presse sortis sur le sujet) :
http://www.sjf-jurfi.org/ sinon l’article de LOCALTIS INFO qui résume parfaitement la situation. Tout est publié dans les articles ci-dessous.

Pour autant, aussi bien les magistrats que les personnels administratifs qu’ils sont disposent d’éclaircissement sur les modalités de mise en place de cette réforme hormis son année d’achèvement, soit 2012.


Dans ces perspectives l’inquiétude des agents est très importante, déjà une large vague de démotivation règne au sein de certaine CRC pour lesquels la fermeture est inévitable (Auvergne, Limousin…). C’est légitime, on passerait de 22 CRC à 7 ou 8 (le chiffre exact ce jour n’est même pas connu). Bien entendu, des « engagements forts » ont été pris par Philippe SEGUIN pour accompagner les agents dans la lourde mutation qui attend les juridictions financières, en définitive c’est plutôt de leur propre mutation dont il est question avec pour la majorité d’entres eux un avenir plus qu’incertain sur leur destination géographique.


Les plus exposés sont les agents mis à disposition par les ministères finances et éducation nationale qui avaient trouvé là des conditions professionnelles plus que confortables et la qualité d’une activité en province, le tout enrichi en septembre dernier pour les catégories B et C d’une revalorisation conséquente de leur régime indemnitaire (surtout les B), via la création d’un véritable statut au même titre que la territoriale, en cours pour les catégories A, effectivité 2009. L’autre statut c’est le détachement, c’est un cas non majoritaire. Ils ont, semble-t-il, moins à craindre de l’avenir dans la mesure où ils peuvent demander leur réintégration dans notre collectivité d’origine…


L’autre solution pour chacun d’entres eux c’est de demander leur intégration au sein des juridictions financières. Cette éventualité est possible à l’issue de 3 ans de détachement. Largement diffusé et encouragé par la cour et les présidents des CRC, cet engagement définitif permettrait à l’institution de stabiliser les personnels administratifs à l’heure ou les départs à la retraite seront massifs, il est question de 50 % de l’effectif. Pour le moment cette solution c’est plutôt de l’humour vu le flou artistique qui règne quant à l’avenir des CRC, les présidents conseillent d’ailleurs en entretien d’attendre septembre pour y voir plus clair.


Pour autant, tous espèrent contribuer ainsi à la vérité sur la teneur de cette réforme, laquelle ne fait l’objet d’aucun battage médiatique alors qu’il s’agit ni plus ni moins de l’abandon de la raison d’être des CRC, à savoir jouer un rôle d’auxiliaire de la démocratie sur le plan local. Un immense vide, désert, attend le citoyen quant à la connaissance des actions de ses élus et pour les élus l’exercice de leur fonction sans contrepoids se fera dans un climat d’insécurité totale dont la majorité d’entres eux ne seront, hélas, pas assez « malins » pour en évaluer les conséquences sur eux-mêmes, leur entourage…


Quelques clés :


Débet : manquement en caisse inexpliqué devant être remboursé par le Comptable Public.


CRC : Chambre Régionale des Comptes.


CMSE : Conseiller Maître en Service Extraordinaire

CDBF : Cour de Discipline Financière et Budgétaire (pour les élus). Exemple : prise illégale d’intérêt.


par Gabrielle AUDEFROY
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 30 mars 2008

Mais où veut-il en venir ?... On y croît ?!...

 

En gras : le bizarre…

 

"SÉANCE SOLENNELLE DE RENTRÉE DU LUNDI 18 FÉVRIER 2008, PRÉSIDENCE DE M. PHILIPPE SÉGUIN, PREMIER PRÉSIDENT

 

« Monsieur le Président, Messieurs les Ministres, Monsieur le Procureur Général, Mes chers collègues, Mesdames, Messieurs,

Cette séance de rentrée est un peu particulière. Elle intervient en effet après une série de manifestations riches en discours et en réflexions qui exposerait au risque de redites toute intervention évoquant l'avenir de la Cour et de l'ensemble des juridictions financières. Le temps n'est plus à parler des lendemains. Il est à les construire. De cette réforme, dont la dimension marquera vraisemblablement l'histoire de la Cour, nous vivons actuellement l'épisode le moins agréable. Celui de l'attente et des incertitudes. La publication du rapport que j'ai remis, le 6 février, au Président de la République n'y aurait rien changé. J'ai noté, à ce sujet, que certains avaient pu s'étonner qu'un tel document ne leur soit pas communiqué en même temps qu'à son destinataire. Il m'a donc fallu rappeler que procéder autrement eût constitué un manquement aux convenances, ainsi qu'à l'usage républicain. Reste que le rapport n'avait pas vocation à répondre à toutes les interrogations dont je reçois l'écho. Je n'y ai évidemment évoqué que ce qui était du niveau du Président de la République : les conditions de la mise en place d'un régime de responsabilité unifié pour les gestionnaires ; l'opportunité de la certification des comptes des collectivités locales et de divers établissements publics, sous l'égide des juridictions financières ; la nécessité de la réorganisation de l'ensemble que constituent ces dernières pour faire face aux contraintes nouvelles de l'évaluation des politiques publiques. En revanche, les questions que l'on peut se poser sur le nombre et la localisation des éventuelles chambres interrégionales de demain, sur le calendrier et sur les implications statutaires de la réforme n'y trouvent pas leurs réponses. Celles-ci viendront des groupes de travail que nous constituerons le moment venu et qui éclaireront utilement, quasiment en temps réel, les positions que nous prendrons dans les discussions interministérielles - discussions que le Président de la République demandera vraisemblablement au Premier Ministre de lancer derechef. Ajouterai-je que nous-mêmes devrons, ainsi, défricher des terres encore vierges. Nul ne sait encore précisément comment se traduira la substitution de la gestion par métier à la gestion par corps. Mais je vois par ailleurs bien des avantages à ce que les juridictions financières se retrouvent ainsi les premières sur le chemin du changement. Elles pourront ainsi débattre des schémas proposés plutôt que de se les voir imposer ; elles disposeront de plus de temps pour s'organiser ; elles seront les premières à pouvoir bénéficier des mesures d'accompagnement, et à user en tant que de besoin, en région, des facultés ouvertes en termes de mobilité. Je note au passage qu'au lieu de continuer à nous interroger - et à nous diviser - sur les modalités d'unification des corps, nous aurons vraisemblablement à inventer et à bâtir, les premiers, un statut d'emploi... pour l'ensemble des magistrats et des personnels. Cela dit, je n'ignore certes pas que des rumeurs courent, que des inquiétudes se font jour. Les rumeurs sont généralement infondées. Les inquiétudes sont respectables et légitimes. J'entends répondre aux unes et aux autres... Non. Il n'existe pas de plan secret visant à ramener de 26 à 5 ou 6 le nombre des chambres en région. Non. Il n'a jamais été question de remettre en cause le contrôle organique. Je crois avoir toujours insisté sur la nécessité de renforcer le régime de responsabilité des gestionnaires, et je sais comme vous tous, que nos missions juridictionnelles se nourrissent de ces contrôles de nature organique. Nul ne peut donc souhaiter moins de contrôles sur les collectivités territoriales. En revanche, on peut souhaiter plus de contrôles sur les sujets qui méritent une attention particulière du fait des risques et des enjeux financiers qu'ils représentent. Bref : on peut souhaiter des contrôles mieux ciblés et plus efficaces. Non, les magistrats des CRC ne seront pas les victimes expiatoires de la réforme. Aucun bien sûr ne se retrouvera dans une situation dégradée par rapport à sa situation actuelle. C'est l'inverse que nous souhaitons promouvoir... Quant aux inquiétudes qui s'expriment, je peux leur répondre ceci. Personne, je dis bien : personne ne sera laissé au bord de la route. Nous mettrons en place une politique active et personnalisée de compensations et d’accompagnement et nous ne manquerons pas d’aménager avec soin des voies permettant aux magistrats et agents qui seraient appelés à déménager mais ne le souhaiteraient pas, de poursuivre leur carrière sur place. Je crois avoir suffisamment montré l’attention que je porte aux conditions statutaires et financières de l’ensemble des membres des juridictions financières pour ne pas être soupçonné de vouloir à présent les sacrifier sur l’autel de la réforme. J'espère donc pouvoir compter sur le sens de la responsabilité de chacun pour que cette grande réforme, qui s'inscrit dans le cadre de la réforme générale de l'Etat, puisse être conduite dans la sérénité et avec toute l'efficacité souhaitable. C'est dans de telles périodes qu'on a le plus besoin de sens de la mesure et de lucidité. Chacun de nous a des droits. Collectivement, nous avons surtout des devoirs. A nous de savoir les assumer. »

par Gabrielle AUDEFROY
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 30 mars 2008

C’EST DU LOURD !... Ou l’art de souffler le chaud et le froid… Ou donner le bâton pour se faire battre ?!...

 

En gras : le encore plus bizarre…

 

« Vœux à la Cour des comptes - Allocution de M. Philippe Séguin, Premier président - Vendredi 18 janvier 2008 à 12 h

Je vous remercie, Monsieur le Procureur général, pour les souhaits que vous venez de formuler. En retour, recevez ceux que j'exprime pour vous-même et le Parquet. Cette année encore, nous avons travaillé dans la meilleure des intelligences, et je crois pouvoir dire que ce fut pour le plus grand bien de notre institution. Je remercie également l'association des magistrats et anciens magistrats et son président. A leur intention, ainsi qu'à l'intention de l'ensemble des personnels de la Cour, CMSE , rapporteurs, experts, assistants, agents administratifs et de service, je forme, à mon tour, des vœux très fervents. Et j'associe à ces vœux l'ensemble des magistrats et des personnels des chambres régionales et territoriales.

Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs,

J'avais pris l'habitude, à l'occasion de cette cérémonie des vœux, de faire un bilan de l'année écoulée et d'évoquer dans le détail l'évolution de la situation de chacune des catégories de personnel de la Cour. Si vous le voulez bien, je vais déroger à l'usage. Il y aurait pourtant beaucoup à dire. Il y aurait à évoquer les nombreuses manifestations qui ont marqué cette année 2007 et les traces qui en resteront. Il y aurait à remercier ceux et celles qui en furent les artisans - cela viendra en son temps. Il y aurait à évoquer les travaux, parvenus à leur terme, qui ont contribué à l'amélioration de nos conditions de travail et de vie. Il faudrait parler des avancées du dossier statutaire des agents de catégorie B et C, ainsi que de l'accord que le Conseil d'Etat vient de donner il y a deux jours à peine, au projet de décret créant un corps d'attaché des juridictions financières et un statut d'emploi de chef de mission des dites juridictions ; il y aurait à évoquer, aussi, l'accueil de dix experts supplémentaires ou, encore, la reconnaissance de notre droit à contrôler les comptes de ces forteresses, longtemps prétendues inexpugnables, que constituent les pouvoirs publics ; il y aurait à rappeler ce que furent les premières certifications... Il y aurait à évoquer l'aboutissement de nos travaux sur la réforme de nos procédures... Il y aurait aussi à dire les efforts consentis pour compenser notre prochain désengagement de l'ONU - efforts couronnés par la conquête de trois nouveaux commissariats aux comptes : ceux de l'organisation mondiale du commerce, de l'organisation de l'aviation civile internationale et de l'organisation mondiale du tourisme. Il me faudrait encore évoquer le lancement des travaux de la tour des archives, non pour rappeler tout ce que cette opération va apporter à la Cour mais pour féliciter la direction des moyens généraux qui a conduit les opérations de transfert de main de maître et pour remercier de leur compréhension et de leur esprit de responsabilité l'ensemble des personnels concernés par ce déménagement. Qu'ils sachent que nous ferons tout pour que cette période se déroule dans les meilleures conditions et pour qu’ils soient réintégrés dans les murs de notre maison le plus vite possible. Je me suis rendu dans l’immeuble de la rue des Petits Champs en début de semaine et j'ai pu discuter avec nombre de ses nouveaux occupants. Je voudrais que cet immeuble vive, et en particulier que ses salles de réunion soient utilisées. Il a été ainsi décidé que c’était là que se tiendrait la prochaine réunion du CRPP. Je souhaite que les agents restés rue Cambon contribuent également à réduire cet éloignement provisoire en se rendant rue des Petits Champs chaque fois que cela pourra être utile au travail d'équipe. Mais, je le répète, là ne sera pas l'essentiel de mon propos d'aujourd'hui. Je voudrais, en effet, au seuil de cette année 2008 parler de la Cour et de son avenir. Et je me réjouis que, pour la circonstance, nous soyons si nombreux et que beaucoup de magistrats honoraires soient présents... Cela fait un peu plus de 3 ans et demi que j’occupe mes fonctions. Il y a eu beaucoup de changements durant cette période. Mon immodestie dût-elle en souffrir, il me faut vous rappeler que, le plus souvent, je n’en ai pas été l’initiateur. Les changements dont je peux revendiquer la paternité sont en fait très limités : j’ai fait installer des sous-verres dans les couloirs et j’ai décidé la climatisation de la Grand’ Chambre. Pour le reste, je n’ai fait qu’appliquer des décisions dont le projet avait été formé ou le principe retenu avant moi, souvent depuis très longtemps, mais dont les difficultés prévisibles avaient pu différer l'exécution : je pense - par exemple - à la réhabilitation de la tour des archives, au statut des magistrats, au code de déontologie... De la même manière, l'idée de la prescription extinctive de responsabilité ou de la réforme de la remise des débets me sont antérieures, même si c'est de peu. Et quand les décisions n'avaient pas déjà été prises, les réformes qui ont pu être conduites répondaient à des nécessités évidentes : ainsi en allait-il de la réforme des procédures, de la conquête de notre autonomie de gestion ou de la création d'un programme LOLF, dérogatoire, qui nous soit propre. Tout cela pour dire - à toutes fins utiles - que je ne suis pas un frénétique de la réforme. D'ailleurs, chacun sait que, dans une vie antérieure, j'étais classé parmi les conservateurs. Mais il se trouve que j’ai été porté à la tête de la Cour dans des circonstances très particulières, je pourrais même dire : des circonstances exceptionnelles. Des circonstances caractérisées :

- par la mise en œuvre de la LOLF et, peu après, de la loi organique relative aux lois de financement de la Sécurité sociale avec toutes leurs implications, au-delà de la seule certification,

- par la montée en puissance de l’exercice de son droit de contrôle par le Parlement, et celle de l’évaluation,

- par l’intrusion de la Cour européenne des droits de l’homme dans nos procédures,

- par le lancement, depuis peu, mais à quel rythme et de manière si radicale, de la réforme de l’Etat, évènement dont les conséquences et les implications, je vous le dis sans ambages, me paraissent encore sous-estimées par beaucoup.

C’est le mérite de mon prédécesseur François Logerot d’avoir pressenti l’ampleur des changements à venir et d’avoir appelé l'ensemble de la Cour aux réflexions stratégiques que l’on sait. C’était à son successeur d’utiliser au mieux leurs fruits. Et je m’y suis attelé du mieux que j'ai pu. Il fallait dans ce contexte entièrement nouveau que nous nous efforcions de donner toute sa place à la Cour. En procédant aux changements et aux évolutions nécessaires. Tout en conservant évidemment l’essentiel :

- son statut de juridiction ;

- son indépendance ;

- son rang de grand corps de l’Etat.

Cela n’allait pas de soi et cela ne va toujours pas de soi. Certains voulaient faire de la Cour un quasi-service du Parlement. L'idée ne venait pas seulement de groupes de réflexion puissants et influents. Des personnalités qui jouaient un rôle dans la conduite de la réforme de l’Etat s'étaient fait également, nous le savons, les promoteurs de cette fausse bonne idée. D’autres voulaient passer la Cour à la tronçonneuse et séparer les fonctions de certification, d’évaluation et de jugement. Bref : souhaitaient scinder notre institution en plusieurs morceaux. Alors, il a fallu plaider, débattre, esquiver, convaincre, pour empêcher le pire. Ces efforts n’ont pas été vains. En 2007, nous aurons quand même fait confirmer solennellement par deux présidents de la République successifs notre positionnement et la complémentarité de nos métiers, en d'autres termes : notre intégrité. Et tout notre bicentenaire a été organisé de manière à faire comprendre et prévaloir ce point de vue. Mais nous ne devions pas être que défensifs. Il fallait aussi, dans l'esprit même des réflexions stratégiques, que nous procédions aux changements immédiatement nécessaires et que nous nous préparions à ceux dont la nécessité serait bientôt avérée. Comment, en effet, aurions-nous pu prétendre être au cœur de la réforme de l’Etat sans en épouser l’esprit ? Comment aurions-nous pu prétendre être le moteur de la réforme de l'Etat en restant inertes ? Nous ne pouvions éviter de nous poser ces questions simples, nécessaires et incontournables, et les décliner, en d'autres questions plus précises encore :

- A quoi servons nous ?

- Pourrions-nous être plus utiles ?

- Que coûtons-nous à la collectivité ?

- Que lui apportons-nous en retour ?

- Pourrions-nous améliorer notre efficacité et notre efficience ?

Alors, du coup, c'est vrai, pour reprendre l’expression utilisée ici même l’an dernier par Monsieur le Procureur général, beaucoup de trains sont partis. Mais qu’on se rassure, aucun n’est parti pour rien et je revendique la cohérence dans la gestion du réseau. Toutes les initiatives prises l'ont été dans une seule et même perspective : nous préparer à relever les défis qui nous attendent. Dès 2005, nous avons tenu un colloque au Conseil Economique et Social pour préparer les esprits et le terrain en matière de responsabilité des gestionnaires. Nous avons, par ailleurs, et dans la même perspective, travaillé, avec le ministère de la justice, à une meilleure répartition des tâches entre les juridictions pénales et la CDBF pour que, le jour où nous demanderions à juger les ministres et les élus, nous ayons des contreparties à leur offrir en termes de dépénalisation. En revoyant de fond en comble nos procédures, nous nous sommes mis en mesure d'accueillir avec toutes les garanties possibles ces nouveaux justiciables. Nous nous sommes également fait une place dans la procédure actuelle de remise de débet afin de préparer pour demain un système de sanction plus efficace. S'agissant de la certification des comptes des collectivités territoriales, nous avons occupé le terrain - je l’ai fait moi-même dans chacune des Chambres régionales des comptes - pour qu’il ne soit pas occupé par d’autres et pour que nous puissions en avoir demain nous-mêmes la maîtrise … Pour nous préparer la meilleure place sur le terrain de l'évaluation, nous avons obtenu le rattachement à la Cour du comité d’enquête sur le coût et le rendement des services publics, (dont nous souhaitons, en particulier, bénéficier des ouvertures vers la société civile et des capacités à mobiliser les inspections générales), nous avons développé la médiatisation de nos rapports thématiques, nous avons systématisé l’étude des effets de nos recommandations. Et à l’heure où le processus de réforme démarre, nous avons obtenu - c'était le 5 novembre 2007 - que le Premier président soit chargé d'en proposer les principes au lieu de nous les voir imposer, au lieu d’avoir à attendre, comme d’autres, les dégâts que ne manqueraient pas de commettre les "voltigeurs" de quelque revue générale des politiques publiques. Regardez donc ce qui se passe ailleurs. Un beau matin, on y apprend qu'on va réduire le nombre de directions, qu'on va fusionner-là pour le coup, c’est vrai - qu'on va rationaliser, qu'on va économiser… Et ce n'est pas fini. Parce que, je le répète : la réforme de l'Etat est en marche. Alors sachons bien nous convaincre que la Cour ne pourra rester elle-même, la Cour ne pourra obtenir la place qu'elle est en droit de revendiquer que si nous savons nous-mêmes bouger. Et faire la preuve de notre utilité dans le contexte nouvellement créé. Car, mes chers collègues, nous ne détenons aucune créance sur la Nation. Gardons-nous de croire que nous lui ferions déjà assez d’honneur en nous contentant d’exister. Nous devons donc être utiles, mieux : indispensables. Et le démontrer jour après jour. Et s'il était besoin de nous persuader de ces nécessités, si nous étions tentés de croire que rien de tout cela n'est nécessaire, que notre rang et notre statut sont immuables, qu'il suffira toujours à l'un d'entre nous de dire son appartenance pour accéder aux plus hautes responsabilités de l'Etat, alors relisons le discours qu'a prononcé le président de la République il y a tout juste une semaine à Lille, lors de ses vœux aux corps constitués et aux fonctionnaires. Le chef de l'Etat a annoncé, entre autres choses, qu'il n'y aurait bientôt plus de classement à la sortie de l'ENA. Cela veut dire que, demain,